|
Un site? Aout 2003. Une conversation entre ma femme et moi. Elle: Il est vrai que je n'ai jamais su parler aux femmes. D'autant moins qu'elles voient généralement en ma musique une concurrente à abattre. Plus largement, je n'ai jamais réussi à épater un public féminin qui avouons-le, n'a pas grand chose à se mettre sous la dent dans l'univers éthéré, dépassionné et socialement décalé, de mes chansons. Une faute professionnelle grave, donc. D'ailleurs, ce premier projet de site ne verra jamais le jour. Sans nouveauté à présenter, il n'aurait été qu'une sorte de chronique nécrologique. Je m'étais lancé dans la musique pour le côté onirique des sons et des notes, pour le plaisir de travailler cette matière, trouver une liberté d'action, d'expression et si possible gagner une vie à l'écart de la course du monde. Rien à voir donc, avec les motivations du chanteur loyal aux règles du personnage public et de la communication. Campagnard de toujours, la foule ne me dit rien qui vaille et l'effet people ne m'a jamais fait rêver. L'expérience avec les Raft m'avait fait prendre conscience de ces lacunes et décalages sans toutefois entamer mon optimisme. Après la séparation, je m'étais imaginé, au fond de ma province, que mes demi-compétences de chanteur suffiraient à me procurer les demi-résultats dont je me serais tranquillement contenté. Mais les choses ne se passent pas comme çà sur cette planête. Alors j'ai dit à ma femme: Un site comme un pied de nez au pragmatisme, donc. Nouvelles d'un front dérisoire à une poignée de passionnés et de documentalistes, avec à la clé un nouvel album à sortir en 2006, le grand retour de l'inutile... Merci pour votre visite. PS Dégats colatéraux Epilogue: Et voici comment des générations de souris et d'araignées alsaciennes ont été initiées aux rêveries du bout du monde. En assistant 25 années durant à la fabrication de centaines de chansons, dans cet ancien grenier à céréales où les guitares, synthés et micros avaient un jour remplacé les sacs d'orge et de blé de mes aieux. Mais il n'est pas dit que les bestioles aient bien vécu ce passage à la modernité car un refrain -même à la mode- ne tient pas forcément la route face à une poignée de bon froment. Disons qu'elles occupaient la place par tradition, faisant contre mauvaise fortune bon coeur, profitant des températures clémentes en toutes saisons et d'une réserve de laine de verre idéale pour fonder une famille. Bref, pour la nourriture du corps, cette faune par ailleurs discrète avait appris à se contenter des cables de micro et des maigres restes que pouvaient laisser des musiciens presque toujours économes ou fauchés. Pour la nourriture de l'esprit, comme dit, il y avait en compensation, cette musique... Ascétisme et méditation forcée, tout porte à croire que sous l'effet des grooves assénés durant des nuits entières, rongeurs et arachnéïdes avaient fini par sombrer dans un état hypnotique congénital. La réalité avait changé de définition. Le plus important s'était détaché de son triste socle, pour flotter ailleurs, guidé par deux sons , trois notes, au-dessus d'un Eden ou l'animal, le végétal et le minéral ne formaient plus qu'un. J'avais un local dans une ferme en Alsace, entre le 47eme et le 48eme parallèle Nord... PS Dates de tournée Elevé dans un monde rural où la fermière porte aussi le pantalon, bercé par les rengaines de 68, j'ai longtemps pensé que la seule différence entre hommes et femmes tenait à un détail technique dans le processus de la reproduction. Mal m'en a pris. Des millions d'années de tâches différenciées laissent des traces que quelques décennies de modernité n'effacent pas. Quand je l'ai compris -qu'en général les femmes préfèrent le vélo d'appartement et les hommes le vélo de plein air- il était déjà trop tard, ma vie était sur les mauvais rails et le monde aussi. Alors que reste-t-il à faire quand on est du genre réputé responsable de toutes les guerres de l'histoire, sinon tenter une dernière fois ces routes surannées, regarder ce qui reste du décors, celui où les angoissés s'ennuient, avant qu'ils n'achèvent d'y planter les tiroirs caisses du sur-aménagement, d'y installer les guérites de l'hyper-sécurisation... Voici donc les étapes du périple (à vélo! Je précise pour les honnêtes gens: il ne s'agit pas d'une tournée de concerts) en ce printemps tardif de 2006: 12 mai : Strasbourg (Bas-Rhin) 25 mai : St Sernin s/Rance (Aveyron) Comme dit, le seul spectacle sera celui du paysage... PS Univers parallèle Quand tu traverses la France à vélo, seul avec un bagage minuscule sur des routes minuscules, tes gestes, tes préoccupations et tes sensations glissent vers un univers parallèle un peu oublié, bien à l'Ouest de la vie standard. Tu n'as rien d'autre à faire que d'embrasser la ligne d'horizon, le paysage dans tous ses détails, avec les sons et les parfums, de vivre dans la pluie, le vent, le froid, la chaleur et le soleil, d'évaluer ta trajectoire et de négocier les dénivelés, de gérer ton énergie et tes affaires, de boire et manger ce qu'il faut quand il faut, de te reposer et de dormir... De jour en jour, de kilomêtre en kilomêtre, ton esprit retrouve la moindre parcelle de ton corps qui se frotte à l'effort et aux éléments, et l'intègre avec justesse (forcément!) dans la grandeur du décor. Comme si, débarassé du superflu, tu renouais le contact primitif avec l'espace. A la sortie d'un virage, d'une forêt, au passage d'une rivière, d'un fleuve ou d'un col de montagne, ta sensation de vivre apparait dans une nouvelle lumière. Ton mouvement se fond dans l'environnement avec équité et dignité comme une parenthèse miraculeuse, sans autre bruit que celui de ta respiration, récompensé par une plénitude et une paix royale. Il apparait aussi que la bicyclette et la recette du chocolat sont les plus nobles inventions de l'homme, mais que ce dernier ignore à peu près l'essentiel de lui-même... Bref, quand tu traverses la France à vélo, seul avec un bagage minuscule sur des routes minuscules, c'est une escapade de veinard et un profond apaisement... Un salut respectueux à tous les campagnards que j'ai croisés, chaleureux et accueillants sans exception, à tous ces derniers des mohicans dont les choix de vie relèvent autant du manifeste politique que de la sagesse... L'Histoire a maintes fois prouvé que la majorité pouvait être dans l'erreur (et le payer chèrement...). PS Les bons, les bruts et les truands Le budget CD ne m'a jamais posé de soucis. Puisque seul deux ou trois nouvelles productions par an trouvent à peu près grâce à mes oreilles. Il y a certes plus de disques que cela dont on ne peut décemment pas dire qu'ils sont mauvais. Mais bon, la respectabilité ne peut pas tout: encore faut-il qu'ils trouvent leur place dans le décor de notre imaginaire. Ma playlist de ces dernières années (dans le désordre): Starsailor "Love is here" Concernant les albums de jadis, si l'admiration qu'on leur voue ne s'est pas tarie, ils ont souvent bien du mal à déclencher encore les vieux rêves, tant la vie peut avoir changé, tout comme notre regard sur le monde. Il faudrait faire la paix avec le temps qui passe, reconnaitre la subtilité de son oeuvre, panaché de provisoire et d'irréversible. Mais en général on est juste là, avec nos émotions et notre porte-monnaie, au milieu du troupeau incontrôlable qui avance, mi victime, mi responsable de la direction qu'il prend. Quant à la nostalgie, voilà bien la plus carbonique des raisons de remettre une vieillerie dans un lecteur... PS Rencontre avec des types Il ne manquait plus que ceux-là! Comme si après des millénaires de discretion, ils n'avaient pas pu attendre quelques années de plus avant de débouler avec leur gros sabots. On était bien mieux à observer, calculer, imaginer, débattre... Maintenant le doute n'est plus permis. Même les plus sceptiques qui avaient pris les autres pour des illuminés ou des manipulateurs ont du se rendre à l'évidence. Le problème, c'est que dorénavent, tout geste et toute pensée ici bas sera recalculé en fonction de cette nouvelle donne. Plus rien sur les chantiers, dans les bureaux, dans les officines des psy et celles des notaires, dans les églises, les écoles et à la télé, plus rien ne sera comme avant. Et çà me gave parce que je ne pourrai plus faire mon vélo tranquille, alors que c'est à peu près tout ce que je demandais. PS Dans le panier du pêcheur optimiste Six mois après l'ouverture de ce site (de la pêche?), il est temps d'avouer que la note optimiste de la page d'accueil relevait plus de la méthode Coué que de la finaude stratégie de marketing. Non que ces années d'errances aient fait de moi un mythomane, pas encore. L'album "Zenland" a bel et bien été enregistré comme décrit. Finalisé jusqu'à la pochette, on peut le dire. Mais de calendrier de commercialisation que nenni puisqu'à ce jour, aucun label, aucune maison de disques ne veut sortir le produit. Il faut croire que les intérèts divergent autant que les états d'esprit. Finalement, on est guerrier ou on ne l'est pas, la couleur du drapeau n'y change pas grand chose. Pour faire contre poids à ce cocktail de maladresses et de mauvaise fortune, le projet de la scène fait son chemin. L'enthousiasme et les idées reviennent, la corne au bout des doigts aussi, les murs défraichis du local vibrent à nouveau et le chat n'en peut plus de miauler à la tristesse des mélodies. Bref, l'affaire est dans le sens de la marche. D'ailleurs, autour de moi on s'arrache les cheveux: c'est un signe. A côté, je pourrai faire mon vélo tranquille, c'est à peu près tout ce que je demandais. PS Saison de l'oraison C'est finalement une bonne idée que d'écrire chaque album comme s'il était le dernier. Avec les aléas de la vie, cette politique finit toujours par être la bonne! On peut dire que Christian Noaille était la seule personne dans le monde du disque qui appréciait ma musique et en même temps se décarcassait pour la commercialiser. Il était mon manager et ami, gaulois méticuleux dans son travail, imbattable à table, gentleman inspiré en toutes circonstances. Au printemps dernier, pendant la préparation de mon Strasbourg Toulouse à vélo, j'avais sobrement contacté JL Murat avec lequel j'avais eu l'une ou l'autre cordiale conversation par le passé. En lui suggérant de faire étape chez lui, puisqu'il habite sur le trajet. Le bougre ne m'a même pas répondu. Réaction de Christian, typique: "Normal! il fait lui même du vélo et craignait que tu le mettes minable dans la première côte!" (ce qui n'aurait pas manqué d'arriver d'ailleurs). Dommage que l'auvergnat se soit dégonflé. Dommage surtout que Christian ne soit plus là pour rire de la pâtée que j'aurais mise à l'autre. Mais si le temps m'est donné, j'irai sur sa tombe à vélo, de l'Est jusque dans son Limousin natal. C'est une idée qu'il aurait aimé. Nous avions en commun cette représentation du kilomêtre dans la France profonde. Le coeur à mi chemin entre la terre et les idées. En attendant, je le remercie du fond de moi même d'avoir été là. Il n'aurait pas voulu qu'il en soit dit beaucoup plus... PS Revers Malheureusement, avec Christian Noaille disparait aussi toute chance de voir le nouvel album commercialisé prochainement. De nouvelles solutions doivent être trouvées. En attendant, des extraits du projet et d'autres curiosités peuvent être écoutés sur: MySpace . PS Sortie hivernale Les fameux Superdog ont eu la bonne idée de me convier (pour quelques notes de guitare, de trompette et d'harmonica...) à l'enregistrement de leur album live. Les deux concerts publics ont eu lieu les 9 et 10 décembre au chateau de Lichtenberg qui, sur son éperon de grès rose, est un peu aux Vosges du Nord ce que le chateau du Comte Dracul est à la Transylvanie, l'electricité en plus. Non, blague à part, les gens savent y faire, dans ces contrées soi-disant reculées. Cadre insolite bien utilisé, efficacité, engagement, accueil des plus chaleureux, bonne humeur et bonne table... tous les ingrédients du bon plan y étaient. Et ce n'est pas le ricain Ken Stringfellow (REM, Posies...), invité d'honneur derrière son stock de claviers "vintage", qui vous dira le contraire. Ce qui nous ammène à corriger une autre idée reçue, puisque l'Amérique prouva deux soirs de suite (à qui en doutait encore) qu'elle savait aussi exporter subtilité et inspiration! En fait, le seul désagrément qu'on risque, quand on s'aventure aux confins du 67 et du 57, c'est de heurter un chevreuil ou un sanglier sur le chemin du retour, tard dans la nuit, sur les petites routes qui zigzaguent à travers les bois... PS Fin du Monde... La fin du monde est un vieux débat. Mais de quel monde parle-t-on, au juste? Le vivant a précédé l'humain et lui survivra à coup sûr. D'ailleurs, le tableau est à mourir de rire... Face à cette majesté, nos vociférations ne sont qu'inélégance. Et nos douleurs le salaire de nos gesticulations déplacées. PS Phrases ronflantes (suite) Il n'y a pas de preuve que l'étalage de ses doutes existencialistes sur une page à deux euros, perdue au fond du web, apporte quoique ce soit. Contre tout bon sens donc, je rajouterai lourdement qu'à mon avis, l'homosapiens modernis a râté son coup, cachant derrière la frime de la consommation boulimique qu'il n'a rien pu corriger à ses peurs ancestrales, qu'il s'en accommode de plus en plus mal. Pire, en oubliant de respecter la planête qui le porte et le nourrit, en ratant le challenge mégalo de comprendre et de maitriser ses mécanismes, il se vautre là où des peuples "arriérés" avaient approché une philosophie apaisée et durable. Se vanter du conflit avec son environnement, pourrir la branche sur laquelle on est assis et dont on mange les fruits, c'est quand même le comble de la faillite spirituelle. Pourquoi toute cette agitation? Pour se venger de la mort injuste? Maquiller une impuissance chronique face à des impondérables? La psychose est une maladie. Multipliée par 6,5 milliards, c'est un fléau. Le seul progrès qui vaille est celui de la satisfaction d'exister. Le reste, c'est du bruit, de la pollution. Enfin bon, les rues, les lotissements, les émissions de télé et les programmes politiques... Ce que j'en dis aux 17 insomniaques qui le liront... Au lieu de bouffer des chips devant un DVD de Johnny... (çà vaut pour moi autant que pour les 17 autres!) PS Ménagerie L'Homme est un animal. Le reste, c'est de la religion. Cet avis n'est pas une critique de la foi ou de la spiritualité. Au contraire, je crains moins du croyant qui doute que de l'athée certain de la grandeur humaine. Inlassable architecte de l'équilibre depuis la nuit des temps, la nature est par définition portée vers le vivant. Comment alors a-t-elle pu accoucher d'une espèce qui anéantira en à peine quelques siècles la moitié de son catalogue... Erreur de casting dans la ménagerie? PS Still Alive ? Remonter sur scène pour le plaisir, pour le projet et aussi pour survivre au naufrage de l'industrie du disque... Après 9 ans d'absence des planches et beaucoup de méandres, çà sera chose faite le 2 juin 2007, du côté de Ste Marie aux Mines (67), dans le cadre du festival "c'est dans la vallée" organisé par l'équipe de Rodolphe Burger. Merci à ce dernier pour sa téméraire sollicitation! Pour une re-lecture totalement nouvelle de mon répertoire, il y aura donc Gregory Massat (de l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg) au marimba et aux percussions, moi-même au chant et à la guitare, et en musicien invité, l'harmoniciste Philippe Hammel dont le style a mûri du côté de la Nouvelle Orléans. La chanteuse tunisienne Esma D sera la touche vocale féminine sur un titre. Avec témérité encore, nous lancerons nos mélopées tranquilles entre les boucles flottantes du sampleur et les voutes 5 fois centenaires de la Chapelle de St Pierre sur l'Hate... Pour réveiller quels esprits? nous le verrons bien. Une expérience en tout cas... PS Contines de cantine En live particulièrement, mon répertoire sonne de plus en plus comme la musique traditionnelle d'une ethnie imaginaire... Ce sont les versions (de moins en moins) orchestrées des airs lancinants que nous fredonnions avec mes frères, en rentrant de la chasse au buffle. Sauf que je n'ai jamais eu de frère et que j'achète mes steacks au supermarché... Finalement, des songes naïfs de marins à la dérive ou de pisteurs égarés, perdus dans le temps autant que dans l'espace... PS Flashback sur les 80s (et les RafT) Surfant sur la vague "nostalgie" qui submerge télés, radios et têtes de gondoles ces temps-ci, "Côté Scène Prod" a monté une tournée autour d'une brochette d'anciens tubistes des années 80. Les infos sont sur le space de RFM Party 80. Après quelques blessés et cartons rouges sur les premières dates (printemps 2007), il a été fait appel aux RafT pour compléter l'affiche avec leur célèbre "yaka dansé". J'ai répondu favorablement à l'invitation très cordiale que m'ont lancée la production et Christian Fougeron, le chanteur du fameux duo RafT dont je fus l'autre moitié (voir bio). L'héritage du groupe n'est d'ailleurs pas toujours simple à gérer entre Christian qui traite les évènements en professionnel de la musique et moi qui voit les choses en amateur décalé. Il y aurait évidemment beaucoup à dire sur la joyeuse bande, son tonitruant spectacle et le réchauffement de cette planête mais en campagne, il n'appartient pas à la troupe de rédiger les communiqués. Quoiqu'il en soit, voilà donc ma vieille basse prète à refaire l'intéressante, à reprendre son job de pendentif avec des cordes, elle qui jaunissait dans son coffre recouvert de stickers de compagnies aériennes qui ont fait faillite depuis longtemps... PS Pluie et trouillards L'homme est un mammifère tourmenté qui s'efforce de construire et de détruire en quantités de plus en plus industrielles, comme si l'équilibre et la sérénité n'étaient pas son affaire. La multitude boulimique n'écoute que ses émotions, ses désirs, ses peurs, dont elle devient l'esclave insatisfait. Ce constat n'est pas politiquement correct. Celui qui l'exprime, crache dans la soupe. Celui qui cherche la vérité, trouve la solitude. Mais trève de scepticisme. Quand j'étais enfant, Joe Dassin (qui n'était pas chinois) chantait: "...des festins de roi sur le zinc d'un buffet de gare...". C'est dire que le Tao demeure en toute chose! Je suis un vieux singe déguisé en vieux sage. Avec parfois le week end, une guitare en bandoullière... PS Sujet, verbe et complément si affinité Il parait qu' "au début, était le verbe". Une phrase passionnante. Mille traductions possible. Mais bon. Ecrivez 100 mots, le lecteur ne retiendra que les 3 qui auront réveillé ses émotions. Les 97 autres, quelque soit leur sincérité ou leur pertinence, seront ignorés, oubliés. Le sens même de l'ensemble sera perdu, masqué par la silhouette épaisse du nom, de l'adjectif ou du verbe qui vient de toucher la corde sensible. Tout est malentendu. La force d'une idée dépend principalement de son emprise sur l'affectif du client. Il n'y a pas de querelles d'opinion, mais des décalages émotionnels aux multiples raisons. Finalement, cette planête est un désert qui compte 7 milliards de prédicateurs. Et rares sont les malins... PS Arrêt sur image Que contrôle-t-on de sa propre image, telle que les autres la perçoivent? De son regard, de son attitude, de son timbre de voix? Il y a certainement des raisons si dans sa majorité, la faune artistique m'a toujours considéré comme un touriste égaré là. Le tourisme est sans doute une activité enrichissante. Mais il ne faudrait pas faire sa vie dans un milieu où on ne séduit personne. A Radio France, au moins, mes fins de phrases ne sont pas noyées dans le brouhaha. Que contrôle-t-on de sa propre image? "Re-looking" est un tocard. Si j'avais un cheval, je l'appellerais "Chassez le naturel". Il gagnerait toutes les courses. Ceci dit, même sans cheval, ma propre femme me prend pour un ermite à côté de la plaque, un type dans sa Lune, qui n'a rien compris. Sauf que la Lune ronde ferait une bien pâle roue de secours, si les décors de mes rêves devaient à jamais disparaitre de cette Terre sur-fréquentée et sur-aménagée. Mais tout le monde ne rêve certainement pas des mêmes choses... Quoiqu'il en soit, certains trimballent une gueule de métêque. D'autres, le regard inutile du cartographe au chômage... PS Opus à l'oreille Après 2 années de déboires en tous genres, voilà donc "Zenland..." sorti. En téléchargement uniquement, en attendant une météo meilleure. Avec une solution B provisoire pour les amateurs (j'en suis) de commerce équitable et d'objets à l'ancienne. Ce nouvel album est dédié à Christian Noaille dont l'absence pèse triplement. C'est est un recueil de chansons irréalistes, plus electro et plus planant que les 3 albums des années 90. Une migration naturophile entre pop et trip hop. "Zenland...", né d'une envie d'onirisme et de tranquilité, le nectar imaginaire mais réparateur qu'on boirait après les déboires... PS Une rondelle fait le printemps Grâce au soutien d'Edouard Stéfanik et de Fred Juarez de Must Production, "Zenland..." sera finalement disponible sous forme de CD dans le commerce. La mise en place par le distributeur Rue Stendhal, dans les points de vente traditionnels, est fixée au 5 mai 2008. PS Paradoxe et ballon rond Avec les RafT, dans le cadre du tonitruant show RFM Party 80 (voir edito de juillet-août 2007), j'ai eu le plaisir de fouler devant 50 000 spectateurs heureux, l'immense scène du Stade de France. C'était le soir du 17 mai et la météo était finalement beaucoup plus agréable qu'on aurait pu le craindre. D'ailleurs en règle générale, tout ce qui concerne cette tournée depuis un an est beaucoup plus agréable qu'on aurait pu le craindre: l'ambiance entre artistes, l'affluence et l'enthousiasme des spectateurs, la qualité de la logistique... Quoiqu'il en soit, le soir du 17 mai, pendant "yaka dansé", j'étais debout avec ma basse et mon clavier à peu près à l'endroit où Zidane avait mis la tête du 1-0 contre le Brésil dix ans plus tôt. Clin d'oeil du calendrier, quelques jours plus tard je me suis produit en solo au Domino de Lemberg (57) devant 50 spectateurs heureux aussi. Pour jouer une dixaine de titres de mon propre répertoire, j'étais debout avec ma guitare à l'endroit même où l'avant centre du football club local à l'habitude de noyer son blues après les défaites injustes. C'était le premier essai d'une nouvelle formule live et peut être le prologue de nouvelles péripéties... Je n'espère convaincre personne que ces deux évènements totalement déphasés l'un par rapport à l'autre m'ont procuré des satisfactions équivalentes. Le fait reste qu'ils ont tous les deux échappé -c'est un euphémisme- à la routine et à la tristesse. Et qu'en général dans la vie, il vaut mieux savourer chaque moment pour ce qu'il a de particulier, d'agréable, voire d'instructif (ne désespérons pas). Dans la musique pour le plaisir des choses inutiles mais bien faites. Et pour l'évasion, l'aventure quelque soient ses formes... PS Histoires vraies Mon ami Steph était professeur de philosophie dans un lycée français en Afrique du Nord. Sportif et amateur de football, il avait l'habitude de participer aux matchs de la pause de midi, avec ses élèves. --------------------- Dans mon cas, sortir un 5eme album de chanson pop sera de l'acharnement thérapeutique. Pour être compris est respecté, cette catégorie de musique a besoin d'un certain succès, sinon d'une jeunesse certaine et en ce qui me concerne, l'un et l'autre sont loin. Suite au prochain épisode? PS Virage Après un mois de répétitions avec Delphine (batterie) et Elise (violoncelle), on peut dire que la nouvelle couleur live que nous concoctons représente sans doute le plus gros changement depuis mes débuts solo, en 92. La tracklist du concert du 20 Février au Dôme de Mutzig (67): 1/ Traverser la rivière (1er album) La prestation durera entre 1h15 et 1h30, la longueur des titres oscillant entre 5 et 8 mn. Ce dernier détail, rajouté à l'absence délibérée de ligne de basse malgré la batterie, montre bien que l'affaire vadrouille assez loin du format chanson et de la pop standard. Anouar Brahem et M83 qui se battent en duel sur mon ordinateur y sont certainement pour quelque chose. De la mélopée épurée au blues tendance shoegaze, l'ambiance musicale sera primitive et lancinante. Il y aurait des moments où l'on entendra les mouches voler tranquillement et d'autres où elles zigzagueront entre les débris du plafond s'écroulant... Que cela va-t-il donner? Impossible de le prédire. Je prépare cette sortie avec l'enthousiasme du mineur de fond qui tente une bouture inédite sur le vieil arbre de son jardin ouvrier, le week end. PS Debriefing Qu'il s'agisse de la formule, du répertoire, des arrangements, du son, des lumières, de l'ambiance ou des sensations sur scène, le concert du Dôme fut finalement le plus singulier et le plus satisfaisant de ma carrière, toutes époques confondues. Il faut dire que l'exercice était au contraire des habitudes et de la routine pour Delphine, Elise et moi-même, chacun de nous trimbalant son lot de comptes à régler avec la musique... Le grand étonnement des observateurs -qui ne s'attendaient à rien de tout çà- n'est d'ailleurs pas la moindre de nos satisfactions, après cette sortie dont les vieilles traces resteront sans doute gravées dans quelques mémoires... Les caravaniers se souviennent toujours des oasis. PS |