"Le retour à la vie sauvage"
sorti en Janvier 1995
Le nouveau patron de Virgin m'a mis à la porte en Juillet 93, place des Vosges, devant un plat de petits salés aux lentilles, après m'avoir fait lire à haute voix la colonne "crédit" et la colonne "débit" de la balance financière du premier album. Pressé d'en découdre, je décidai dans la foulée de financer et d'organiser moi-même l'enregistrement des dix titres du "retour à la vie sauvage", le bien nommé.
En janvier 94, guitares, synthés et samplers furent acheminés au Studio Christal à Illhaeusern (à une soixantaine de km de chez moi) dans la fourgonnette prêtée par mon oncle. Et pour aider le client solitaire et polymorphe à coucher son reggae blues de bouts de ficelle sur le 24 pistes moribond de la maison, il y avait le fils du patron, Frank Bedez, à peine douze ans à l'époque, aujourd'hui bassiste de Lisa Doby et Liane Foly.
Toujours au chapitre "personnalités", c'est finalement dans le lit majeur de l'Ill, au dessus de l'école primaire du village, que Jean Michel Biger, ancien batteur de Ange et de Cookie Dingler (on l'entend sur "femme libérée"), futur batteur des Négresses Vertes et de Charles Aznavour, a joué les drum loops de caoutchouc qui allaient donner vie à mes programmations.
Malheureusement ou heureusement, Illhaeusern n'est pas Londres et des problèmes techniques récurrents m'obligèrent à poursuivre les enregistrements au studio Du Chesnay, sous les panaches de fumée du port du Rhin, à Strasbourg. Ces séances plus monastiques furent le début d'une longue collaboration avec Luc Hurand, le mystérieux patron des lieus où je réaliserai plus tard 4 albums pour d'autres artistes.
Pour donner quand même une touche de professionnalisme à ce système D, les bandes ont été mixées en Juillet 94 aux studios ICP à Bruxelles, un des endroits les plus chaleureux et les plus efficaces en Europe quand il reste un peu d'argent pour terminer un disque. Les températures torrides de cet été là ont-elles eu un effet sur le son de l'album? En tout cas, le mixeur Djoum adhérait à fond à mes options bizarres et je lui confiai sans inquiétudes les clés de l'affaire. Il y avait la coupe du monde de foot à la télé et à ICP, les cocktails frais et les menus épicés sont aussi bons que les ingénieurs.
C'est vers cette époque-là que Christian Noaille m'a sollicité pour l'album hommage à Gérard Manset. Il deviendra mon manager quelques mois plus tard et "le retour à la vie sauvage" sortira début 95 en licence chez les disques Dreyfus, grâce à ses soins.
J'avais fait pas mal de scène après le premier album, entr'autre seul au Dobro. Avec ces nouveaux titres, mon répertoire s'orientait vers un son plus moite et plus rugueux tout en conservant le côté bidouille de la pop. En réalité, malgré les critiques élogieuses, rarement un album de chanson française n'aura été autant à l'Ouest par rapport à l'air du temps.
"LE RETOUR A LA VIE SAUVAGE"
Paroles, musiques, arrangements et réalisation : PS
PS : voix, guitares, basse et tous instruments sauf...
Jean-Michel Biger : batterie (1, 2 , 3, 4, 7, 8)
Paul Boulak et Philippe Hammel : choeurs (1, 3, 5, 7, 10)
Betty Fontaine : choeurs (1)
Enregistrements au studio Christal, Illhaeusern: PS assisté de Christian et Franck Bedez
Enregistrements au studio du Chesnay, Strasbourg: PS assisté de Luc Hurand et Pascal Doumange
Mixage : Djoum au Studio ICP, Bruxelles
Mastering: Studio DYAM, Paris
Editions : MCA Music France
Illustration et graphisme: Brigitte Bousquet
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